Édifiée entre 1903 et 1909 à l'initiative de Mgr Louis Dartois (1861–1905), premier vicaire apostolique du Dahomey, la Basilique de l'Immaculée-Conception de Ouidah est l'un des rares exemples d'architecture néo-gothique en Afrique de l'Ouest. Les plans, dessinés en France sous la direction de Dartois, furent mis en œuvre sur le chantier par le père François Steinmetz (1868–1952), qui conduisit les travaux jusqu'à la consécration du 9 mai 1909. L'édifice adopte un plan en croix latine : nef centrale de 58 mètres de long sur 14 de large, voûte lambrissée portée par une charpente métallique à 17,50 mètres de hauteur, transept peu saillant et abside quadrangulaire. Le clocher, resté inachevé faute de financement, devait être couronné d'une flèche. Longtemps cathédrale et siège du vicariat apostolique du Dahomey, l'édifice est élevé au rang de basilique mineure par le pape Jean-Paul II le 9 novembre 1989. Il reçoit la visite du pape Benoît XVI en novembre 2011. Située au cœur de Ouidah, ville carrefour des héritages vodoun, afro-brésilien et catholique, la basilique demeure un repère majeur du paysage religieux béninois.
Sur la plage de Djègbadji, à Ouidah, deux monuments se font écho pour former l'un des ensembles mémoriels les plus saisissants d'Afrique de l'Ouest. La Porte du Non-Retour, érigée en 1992 à l'initiative de l'UNESCO dans le cadre du projet « La Route de l'Esclave », marque l'endroit précis où des centaines de milliers d'Africains réduits en esclavage embarquèrent de force vers les Amériques entre le XVIIe et le XIXe siècle. Son arche ornée d'une frise dorée représentant la marche des captifs, ses sculptures métalliques aux motifs vodoun et dahoméens, s'ouvre directement sur l'Atlantique — mer du départ sans retour. À proximité, le Bateau du Départ amplifie ce dispositif mémoriel : réplique grandeur nature du navire négrier L'Aurore, un trois-mâts de 42 mètres documenté au XVIIIe siècle, conçu comme un musée immersif installé sur un lagon artificiel. Cales, entreponts et cabines de l'état-major y sont fidèlement reconstitués pour donner une réalité concrète à l'inhumanité de la traversée transatlantique.
La Route des esclaves de Ouidah, au Bénin, figure parmi les sites mémoriaux les plus importants d'Afrique de l'Ouest. Sur près de 4 kilomètres, elle relie le centre historique de la ville à la plage de l'Atlantique, jalonnant les étapes d'une déportation de masse : des millions d'Africains y furent acheminés vers les Amériques entre le XVIe et le XIXe siècle. Dans le cadre du festival international Ouidah 92, un ensemble de sculptures et monuments commémoratifs fut inauguré le long de ce parcours, dont la célèbre Porte du Non-Retour et la Case de Zomah. En 2025, dans le cadre du programme national béninois de réhabilitation du patrimoine, ces monuments originels ont été démontés pour laisser place à une reconstruction d'envergure. Ces photographies documentent ce moment de transition : sculptures déplacées, stèles renversées, plaques commémoratives à terre — un site historique suspendu entre la mémoire d'un passé douloureux et la promesse d'une nouvelle commémoration.
Le lac Toho s'étend à quelques kilomètres au nord de Ouidah, dans le département de l'Atlantique au Bénin. Vaste plan d'eau peu profond inscrit dans le système lagunaire côtier qui longe le golfe de Guinée, il est intimement lié à la vie des communautés riveraines dont l'économie repose largement sur la pêche traditionnelle. Entre l'embarcadère de Tchiakpecodji Ahozon et l'Indigo Village, un lodge éco-touristique implanté sur ses rives, le lac révèle deux visages complémentaires : celui d'un territoire vivant, parcouru chaque jour par des pêcheurs manœuvrant leurs pirogues à la pagaie, et celui d'un paysage d'une sérénité remarquable, aux lumières changeantes selon les heures. Les filets tendus à fleur d'eau, les silhouettes des piroguiers se découpant à l'aube ou au crépuscule, et la végétation dense des berges composent un tableau naturel et humain d'une grande authenticité, à l'écart des circuits touristiques conventionnels.
Singbomey est l'un des quartiers historiques du cœur de Ouidah, étroitement lié à l'histoire de la communauté aguda — les Afro-Brésiliens du Golfe du Bénin. C'est là que Francisco Félix de Souza, dit Chacha, s'établit dès la fin du XVIIIe siècle sur mandat du roi Ghézo du Dahomey, et qu'il y accueillit les esclaves affranchis revenus du Brésil après 1835.
Le quartier concentre un patrimoine bâti afro-brésilien remarquable : maisons à verandas, façades à pilastres et décors d'influence luso-bahianaise, témoignant d'un transfert architectural unique entre Bahia et la côte ouest-africaine. Il abrite la résidence-palais des de Souza, les sanctuaires vodoun liés à la famille — dont le Dagoun —, et reste le siège d'autorité du Chacha.
Intégré au programme de réhabilitation de la cité historique de Ouidah lancé en 2020, Singbomey demeure un quartier vivant, où mémoire atlantique, traditions vodoun et vie quotidienne coexistent.